Une vidéo pour parler du harcèlement

Une vidéo pour parler du harcèlement

« Ces mots je te les rends »

Un outil à proposer à vos enfants pour répondre aux propos déplacés dont ils sont victimes.

Cela parait tout simple, mais il y a une force symbolique réelle et thérapeutique dans la posture que la personne victime de harcèlement verbal peut prendre avec cet outil.

Je l’ai toujours proposé aux enfants et adolescents qui venaient avec cette problématique. Et si je ne suis pas sûre que la plupart d’entre eux aient osé l’utiliser, ils avaient tous un grand sourire à l’idée d’avoir quelque chose à répondre aux mots blessants dont ils étaient victimes. Cela changeait leur posture, et la façon de vivre l’agressivité de l’autre. Ce dernier étant renvoyé à ce qu’il était vraiment : un enfant ou un ados comme eux.

Leur réaction était aussi parfois de me dire “Je ne peux pas dire ça c’est méchant”… Bonne remarque pour lancer la discussion sur ce qui est méchant ou non, sur pourquoi on supporterait les mots méchants de l’autre sans réagir.

L’idée de “rendre à l’autre”, ce n’est pas tant lui rendre ce qui lui appartient, que de refuser de faire siens les qualificatif qu’il impose. Cette autorisation psychique de refuser de s’identifier au personnage mauvais que l’autre voit en soi, est un premier pas vers la résilience face au harcèlement.

4 étapes incontournables pour aider des personnes victimes de harcèlement

4 étapes incontournables pour aider des personnes victimes de harcèlement

harcèlementLe harcèlement est un thème récurrent d’articles et de discussions. Il est à prendre au sérieux au même titre que de la maltraitance.
Sa gravité n’est pas liée à la gravité des actes posés. Ceux-ci sont généralement anodins, mais à leur fréquence et à leur répétition dans la durée. C’est parce que ces actes sont anodins qu’il est difficile de les arrêter car difficile de les punir quand ils sont pris isolément.

Lorsque je travaille avec des personnes victimes de harcèlement, il y a plusieurs étapes incontournables :

1. Identifier en quoi ces actions apparemment bénignes sont du harcèlement.
2. Assurer la sécurité de la personne ; en l’invitant à s’écarter des personnes toxiques, ou en faisant intervenir des adultes lorsque les actions se passent dans le cadre scolaire.
3. Apprendre à la personne à se faire respecter en posant des limites et en les affirmer ces limites.
4. Aider à reconstruire son estime d’elle-même, en reprenant conscience de ce qu’elle est , de ce qu’elle aime faire, de ses talents propres, afin de pouvoir de présenter à l’autre consolidée par cette assurance intime.

Aucune de ces étapes n’est simple à mettre en œuvre, et chacune présente une urgence propre.

1. Identifier

Identifier qu’il s’agit bien de harcèlement, c’est aussi prendre conscience de sa propre vulnérabilité. Admettre que l’autre peut ne pas vous aimer, quand bien même rien de concret ne le justifie.
Le risque est alors d’atteindre plus profondément la confiance en soi. Ou bien de bloquer la personne dans une situation de victime.

2. Assurer la sécurité des personnes

Assurer la sécurité des personnes en intervenant est délicat. Un harceleur ne souhaite pas se reconnaitre comme tel. Il est pris dans un système pervers de négation des souffrances de sa victime. Se reconnaitre lui-même comme harceleur revient à voir en lui son côté noir, et à atteindre sa propre confiance en lui-même, voire à se confronter à ce qu’il n’aime pas en lui. Impossible.

Il va donc réagir non pas par l’excuse, mais par la négation des faits, voire par la surenchère. Il va donc reprocher à la victime sa « susceptibilité », le fait de l’avoir « dénoncé » le fait d’être « faible » etc…

  • Dans le cas de harcèlement au collège ou au lycée, seule la fermeté des adultes peut faire stopper le harcèlement.
  • Dans le cas d’un harcèlement au travail, la situation est encore plus délicate car il y a des enjeux de management, de carrière, ou juste de possibilité de maintenir une activité professionnelle.
  • Il existe aussi des situations de harcèlement dans le cas de la séparation de couples. Il y a un harcèlement direct : envoi de messages, d’insultes, multiplication des procédures juridiques… Il y a aussi un harcèlement plus subtil, mais tout autant dévastateur, en accusant l’autre de ce que l’on fait soi-même, en diffamant son ex-conjoint, il y a création d’un vide autour de lui, qui constitue une forme subtile de harcèlement.

>> Dans le cas d’un harcèlement au collège il n’est pas rare que ce soit la victime qui finisse par quitter l’établissement. Notamment si l’autorité représentée par les adultes n’a pas mis les limites nécessaires. Un enfant ou un jeune en construction est a priori capable de modifier son comportement si les limites sont posées.

> Dans les deux autres cas c’est aussi une autorité supérieure qui devrait intervenir, bien qu’elle soit plus difficile à définir ou à mettre en œuvre que dans l’exemple du collège (supérieur hiérarchique, ressources humaines, ou bien justice).

Cependant, le harceleur étant souvent le plus habile verbalement, c’est souvent une fois de plus la victime qui s’efface. D’où l’importance d’accompagner la personne à se faire respecter par elle-même.

3. Apprendre à la personne à se faire respecter

Apprendre à la personne harcelée à se faire respecter, et retrouver l’estime de soi, relève généralement d’un travail psychothérapeutique, mais le rôle des proches est essentiel.
Pour mettre des limites il faut reconnaître où sont ses limites. Et ce qui généralement est une des plus grandes difficultés des victimes de harcèlement. Soit par manque initial de confiance en elle, soir par ignorance, soit parce que leur naturel aimable et ouvert les empêche de discerner l’excès, elles se laissent emmener à une sorte de point de non-retour où il devient extrêmement difficile pour elles de poser le stop qu’il est nécessaire de poser.

Au-delà de l’accompagnement psychologique, la personne a besoin de ses proches pour l’aider à discerner qui elle est, et en quoi son avis est important.La force des harceleurs est puisée dans la faiblesse de la victime. Bien souvent ils s’emparent de la place que la victime leur laisse, à son insu.Il s’emparent aussi de la tendance de la victime à vouloir faire plaisir, ou bien à rechercher la paix par le silence, hors « qui ne dit mot consent ». La seule réponse possible est une affirmation de soi, qui vient de sa propre légitimité retrouvée à ne pas se laisser faire, et à comprendre que sans cela, l’autre ne s’arrêtera pas. On est pas harcelé car on n’a pas de valeur, on est harcelé car l’autre est dans la recherche de pouvoir, et d’estime de lui-même puisée dans l’écrasement d’autrui et l’affirmation d’une fausse identité, mais reconnue par le groupe.

Plus la personne se démarque du groupe, en revanche, plus elle risque de se faire ennuyée par celui qui est déstabilisé par son originalité, et la force de caractère que présuppose cette autonomie. Généralement les personnes qui se font harcelées ignorent que leur force, leur identité propre est la source de cette agressivité, et croient au contraire qu’elles ne sont pas à la hauteur, et recherchent donc une reconnaissance que l’autre n’a pas l’intention de leur donner. Il faut apprendre à s’aimer soi-même…

Accepter d’interroger les processus de harcèlement est accepter que tout le monde n’est pas dans la bienveillance et dans le respect des identités de chacun, c’est aussi accepter le vide identitaire de personnes qui ne survivent psychiquement que dans des relations de conflits. La victime doit alors accepter l’idée, je devrai dire en premier lieu, concevoir, que le conflit généré par l’autre n’est en aucun cas lié à elles-même, mais est juste le besoin vital de l’autre d’exister par et pour le conflit, voire la victimisation.Elles sont la cibles d’une antipathie créée de toute pièce par une personne frustrée , et généralement frustrée d’elle-même. D’où la complexité pour mettre fin à ce conflit.

Le travail thérapeutique consiste à éclairer les enjeux psychiques des uns et des autres, à faire accepter à la personne harcelée qu’elle n’est pas responsable de l’agressivité de l’autre, qu’elle ne doit pas en attendre un changement d’attitude pour que le choses bougent, mais mettre en place les réponses adaptée qui feront bouger les choses : Désintérêt pour l’autre, capacité à ne pas se laisser envahir et à ruminer face à chaque attaque, création d’une distance émotionnelle, et d’une distance émotionnelle énoncée (voir par exemple la vidéo « Ces mots là je te le rends« ). Refuser de prendre à sa charge les collages identitaires négatifs que l’autre assigne (« tu es nul », « tu es moche », « personne ne s’intéresse à toi », « tout mon malheur vient de toi », « tu ne t’y prends pas bien », « tu ne sais rien faire »…. )

Se faire respecter de l’autre, passe par se respecter soi-même, identifier que l’on est digne de respect.

4. Aider à reconstruire

Pour aider votre enfant à retrouver sa légitimité, il y a une posture à prendre : Dans le moindre des actions de la vie, poser la question « qu’en penses-tu » « quel est ton avis » « que préfères-tu ? » tous ces petits moments réapprennent à la personne à se réaffirmer. C’est parfois très laborieux car justement la confiance en son identité est mise à mal, mais c’est nécessaire.

Poser un stop pour la personne harcelée, c’est aussi prendre le risque dans un premier temps d’une agressivité plus forte. Il n’y a pas de règle immuable car cela dépend des personnes en jeu. Généralement le harceleur va venir tester la solidité de celui qui « ose » d’un seul coup de rebiffer.

Utiliser un vocabulaire fort, parler fortement, accompagner son « ça suffit » d’une posture physique qui affirme et non qui quémande le respect nécessite d’apprendre à le faire, mais aussi de se sentir légitime pour le faire.

Ce qui est compliqué c’est aussi que cette affirmation de soi entraîne un risque de solitude encore plus fort.

Finalement le groupe a peur du faible, car le faible renvoie à chaque membre du groupe sa propre faiblesse. Alors le groupe laisse le harcelé seul, et n’aime pas quand celui-ci en dénonçant les faits dont il est victime induit qu’il n’a pas été aidé par les autres. C’est en cela qu’il y a une perversion des réactions de chacun et finalement un avilissement à celui qui semble le plus fort, même s’il tient sa force d’actes objectivement répréhensibles. Hors dans une situation de harcèlement ce n’est pas du tout l’objectivité qui domine mais la subjectivité et l’émotion.

Le rôle des proches est aussi d’être un soutien sans faille dans ce stress que la personne vit, dans la reconnaissance de sa détresse et dans la reconnaissance de sa légitimité à vivre autre chose.

>> Les femmes battues décrivent bien leur impossibilité à penser qu’elles ne devraient pas vivre autre chose, lorsqu’elles expliquent que si elles ont subi telle ou telle violence, elles en étaient certainement responsables d’une manière ou d’une autre.

>> Les lycéens victimes de harcèlement sont capables de tenir le même genre de discours.

>> Les séparations de couple, il faut parfois une dose immense d’agressivité du conjoint dominateur pour que le conjoint dominé finisse par réagir. Et même dans ce cas là ce n’est pas toujours très évident, sa réaction peut prendre des moyens détournés qui permettent encore au conjoint dominateur d’affirmer son bon droit. Et d’être approuvé pour cela par le groupe.

Les effets du harcèlement sont terribles et profonds sur l’estime de soi, et créent une véritable vulnérabilité. Je pense en écrivant ces lignes à une jeune personne qui était prise dans une relation amoureuse déséquilibrée. Elle n’a pu retrouver de la distance dans cette relation, qu’après une séance extrêmement éprouvante durant laquelle nous sommes revenues sur le harcèlement dont elle avait été victime 3 ans auparavant. En réalité elle en avait gardé inconsciemment l’idée qu’elle devait se soumettre au désir de l’autre, car elle n’était pas intéressante, l’autre lui faisait donc un cadeau inestimable en s’intéressant à elle. Dans cette situation qui s’est heureusement bien finie, cette personne se mettait à la merci de l’autre dans la relation.Son ami n’était pas malhonnêtes, et n’a donc pas été malhonnête avec elle. En tant que thérapeute je ne comprenais pas pourquoi malgré un travail assez poussé, la situation sur cette relation pourtant terminée restait bloquée, je ne comprenais pas pour quoi cette personne n’arrivait pas à se considérer par elle-même dans ce couple, et dans toutes ses projections sur le « couple idéal ». C’est à partir du moment où par un travail psychocorporel elle a symboliquement rendu à ses anciens harceleurs leurs remarques dévalorisantes, qu’elle a pu restaurer son estime d’elle-même et rétablir un équilibre satisfaisant dans ses attentes vis-à-vis des autres.

Le meilleur service que l’on peut rendre à ses enfants pour les prémunir de ce type de prise de pouvoir pour eux est de renforcer leur légitimité d’êtres pensants, existants, ayant le droit à leur place dans le monde. Cela va à l’encontre des injonctions telles de « sois sage », « fais toi oublier », au profit de « quelle est ton opinion » « qu’est ce qui compte pour toi »…

Et si on se soignait à distance ? Et si on soignait à distance ?

Et si on se soignait à distance ? Et si on soignait à distance ?

soin à distanceLe cœur de l’annuaire de Soignants dans le Monde est de permettre de faire connaitre des professionnels qui travaillent en ligne, lorsque leur spécialité le permet.

Les professionnels qui n’ont pas eu à s’interroger sur ces possibilités, notamment car ils n’en ont pas eu besoin, sont souvent très réfractaires, voire très virulents à cet égard. J’ai pu lire par exemple, « on ne peut pas faire de thérapies à distance, juste du soutien ». Et pourtant j’expérimente au quotidien, les possibilités du travail thérapeutique à distance.

J’évoque les thérapies, mais ce travail à distance se multiplie dans de nombreuses spécialités. Je pense que ce mouvement, assez restreint au départ va se démultiplier encore et encore, dans des spécialités de plus en plus larges. De plus en plus de propositions sont faites dans ce domaine : suivis médicaux, suivis orthophoniques, suivis thérapeutiques.

Dès 2009 la loi de Réforme de l’hôpital définissait la télémédecine (Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 article 78 et art. L. 6316-1 du code de santé publique), puis en 2010 un décret (Décret n° 2010-514 du 18 mai 2010 ) rendait obligatoire l’élaboration de programmes régionaux de télémédecine. Comme pour toute nouveauté, le sérieux des prestataires devrait être le premier critère de choix d’un suivi. En effet, certaines propositions surfant sur cette nouvelle vague, sont parfois inquiétantes.

1. Cela pose cependant des questions : qui, quoi, comment…

L’activité à distance répond aux besoins de personnes expatriées, mais aussi de personnes ayant peu de ressources dans leur environnement immédiat. Cette disposition permet ainsi de créer du choix, l’utilisateur peut abandonner le critère géographique au profit de l’adéquation entre son besoin et la spécialité du professionnel.

Nous avons donc réfléchi à ces points lors de la première rencontre en ligne de professionnels présents dans l’annuaire de Soignants dans le Monde, avec le projet d’enrichir nos pratiques, et de confronter les limites que nous y rencontrions éventuellement. Cinq professions étaient représentées : accompagnement à l’allaitement, accompagnement à la maternité, hypnose, coaching, psychothérapie.

D’un point de vue plus pratique, ce mode de travail permet une meilleure souplesse d’horaire, précieuse à plusieurs titres : gain de temps, possibilité de poursuivre les rendez-vous malgré des emplois du temps chargé, temps consacré exclusivement à la consultation, sans temps d’attente et de trajet à prévoir.

Accessoirement de mode de travail est économique, le parent à la maison qui n’a pas à faire garder ses enfants pendant son rendez-vous, ou à faire garder les autres enfants pendant le rendez-vous de l’un d’eux. Une personne qui travaille à temps plein n’a pas besoin de poser une journée de congés pour son rendez-vous.

Lorsque les personnes ont du mal à se déplacer, cette offre à distance permet qu’il y ait un suivi. Nombreux sont les cas où les accompagnements sont abandonnés car trop difficiles à organiser matériellement.

Ce protocole permet aussi une sécurisation pour des personnes extrêmement anxieuses qui se sentent mieux chez elle. Ne plus être exposé à cette peur, libère un espace psychique qui permet de travailler sur la source de leurs difficultés.

D’aucuns diront qu’il y a un risque de déshumanisation des soins, par l’absence de contact humain réel. Ceux sont des éléments à prendre en considération pour des personnes très isolées. Je ne prône pas le travail à distance à tous prix, mais il présente une alternative possible qui a aussi des avantages.

2. Les questions sur le fond

L’investissement du patient, comme l’investissement du thérapeute ne sont pas liées à ce cadre.

Je travaille personnellement de la même façon en ligne ou en présentiel.

J’ai vu passer un sondage qui disait vouloir évaluer la différence d’investissement des psychologues dans un travail en présentiel ou à distance. Cette étude malgré son nom ne portait pas à mon avis pas sur la variation induite ou non par l’activité en ligne dans l’investissement du thérapeute. Elle portait sur quelque chose de beaucoup plus intime, la distance que le thérapeute plaçait entre lui et son patient, sa posture propre : une distance symbolique et non technique.

Les pratiques comme les attentes des bénéficiaires, sont à adapter.

Afin de préserver un environnement qui définit bien le temps de séance comme un espace thérapeutique, j’indique à mes clients comment s’organiser, et comment organiser l’espace de leurs enfants lorsque ces derniers sont les bénéficiaires.

Il m’est arrivé de proposer l’annulation de la session au dernier moment, si les circonstances ne permettaient pas au patient de profiter du temps de la consultation (enfant malade, par exemple). Cette situation reste rare car les personnes ont à cœur de préserver leur séance, et que le format « à domicile » rend les aménagements plus faciles à faire.

Cependant, il est bien évident que l’accompagnement par un médecin ou par une sage-femme ne pourra pas être tout à fait le même en l’absence de possibilité d’auscultation.

Pouvoir référer à d’autres professionnels en cas de nécessité est essentiel. 

Une autre limite concerne la gravité des situations rencontrées. Je n’accepte pas d’accompagner des personnes dont la situation nécessite la prescription de médicaments. Je refuse aussi de suivre des personnes qui, même sans médications, me semblent top fragiles, pour que je prenne le risque de n’avoir aucun contact avec leur environnement immédiat, en cas d’aggravation de leur état. Il n’est pas toujours facile de discerner dès les premiers contacts les risques de décompensation des personnes.

3.Les questions sur la forme

La question de la confidentialité est parfois posée par le patient lui-même.

Et quoi qu’il en soit c’est un point que j’aborde aussi systématiquement. De même que je ne partage avec personne ni le nom de ceux que je vois en présentiel, ni le contenu des entretiens, je ne partage pas ces informations pour les accompagnements en ligne. Il n’y a pas non plus d’enregistrement des séances. En revanche le travail en ligne me permet une prise de note fluide, que je ne peux effectuer en présentiel.

La question du mode de paiement.

Il existe de multiples solutions au même titre qu’il existe de multiples solutions en présentiel : logiciel de paiement en ligne, pré paiement par virement ou par chèque. Le choix va dépendre de chacun, je suis personnellement assez souple, peut-être car je n’ai pas eu de mauvaises surprises. Je trouve que la confiance est la base de la relation, a fortiori la relation en ligne.

Certains professionnels demandent à être payés à l’avance. De mon côté je propose des virements au fur et à mesure de la poursuite des séances.

La question des annulations (au même titre qu’en présentiel d’ailleurs).

Et au même titre que cela se passe en présentiel, chaque professionnel va suivre la méthode qui lui convient, voici quelques possibilités :

  • La méthode la plus radicale : se faire payer auparavant en indiquant que le rendez-vous sera dû, à moins d’être annulé sous telle ou telle condition.
  • Une approche plus souple : Accepter de reporter la séance sans demander de règlement.
  • Une approche plus résignée : supporter 😉

Je dis bien « résigné » car c’est une source de frustration, le professionnel se met à la disposition de son client. Il préserve son agenda pour cette personne, arrête l’activité qu’il faisait pour être disponible au moment convenu. C’est une réalité que la personne qui ne se présente pas au rendez-vous ne se représente pas toujours. Dans le cas du travail à distance, comme du travail à domicile, parfois, l’imaginaire du client ne se raccroche pas à la réalité d’un bureau, pouvant donner l’impression que les chose se passent hors d’un champ professionnel.

Qu’en est-il alors du paiement dans le cas d’une annulation pour un RDV en ligne ?

Là aussi chacun établit les règles qui lui conviennent, et se doit d’en informer son client. Je suis de mon côté super tolérante sur ce sujet, considérant qu’il y a une réciprocité : je laisse à mes clients la souplesse dont j’ai aussi besoin dans l’organisation de mon agenda. Il faut un nombre significatif d’annulation de dernière minute pour que je demande le paiement de l’une d’entre elles. Les annulations en cours de suivi, ont un sens. Elles font partie de l’appropriation du cadre thérapeutique par le client. Les faire payer purement et simplement n’est pas une réponse suffisante.

La question des RDV gratuits

En revanche, j’ai renoncé à proposer des rendez-vous de contact gratuit, précédent un engagement pour cette raison, il y a eu trop de rendez-vous non honorés, j’ai donc choisi de proposer un rendez-vous payable à l’avance, qui peut être unique ou intégré au forfait choisi.

Dans le déroulement des séances

Dans la pratique, on nous apprend à adapter nos réponses à des situations rendues plus complexes par la distance. Dans le cas de séance d’orthophonie, là où les professionnels pouvaient sortir leur matériel au fur et à mesure des besoins, une anticipation précise est nécessaire. J’utilise beaucoup le dessin soit en terme de production par l’enfant, soit comme un moyen de représenter les situations psychiques décodées. L’envoi de photo, l’ajustement de la position de la feuille de papier devant la caméra, viennent pallier à cette particularité de la distance.

Le silence et la distance

Un des participant à notre échange soulignait la particularité des silences à distance, ces silences qui ont un sens, qui donnent du temps au client de cheminer, que l’on peut être tenté de combler à tort. J’aurai pu évoquer les très rares fois où devant le désarroi de mes patients j’ai pu avoir un geste de réconfort envers eux. Ceux sont des béquilles auxquelles la distance ne permet pas de se raccrocher, la distance nous oblige à élaborer davantage notre pratique.

La question technique

Parfois la technique s’emmêle (ou s’en mêle 😉 ), et nous oblige à reporter, interrompre pour reprendre la séance, se déplacer… Ceux sont des situations acceptées par celui qui s’engage dans un travail à distance. D’autres personnes pourront refuser ce travail à distance qui les insécurise. Il n’y a pas de jugement à porter, juste la réalité de chacun à accueillir.

Ces pratiques continuent, et continueront de poser questions, de générer enthousiasme ou opposition. L’essentiel est de n’imposer à personne le moyen qu’il peut utiliser, ni de refuser d’emblée un système. J’ai été touchée par un enfant qui me disait « j’aime bien le travail par Skype, au moins je n’ai pas peur comme quand j’allais voir une dame dans son bureau ». Les critères de chacun sont différents.

L’expérience de celles avec qui nous avons échangé sur ce sujet, indique en tous cas l’efficacité de cette approche, au même titre que des rendez-vous en présentiel !!!

Sylvie Terrien, Praticienne en Psychophanie

Sylvie Terrien, Praticienne en Psychophanie

Sylvie TerrienPraticienne en Psychophanie, après une longue carrière d’orthophoniste, Sylvie Terrien nous parle ici du cœur de son activité actuelle. Une activité développée sous le nom élégant de « Lettres à l’être« . Tout un programme pour une amoureuse des mots, et de l’humain.

L’objectif du travail en Psychophanie :

L’exercice de la Psychophanie est très spécifique, fascinant et étonnant. Il vient nous interroger sur tout ce que l’on ignore encore des capacités de l’être humain. C’est une technique que j’ai beaucoup utilisée pendant quasiment 10 ans, auprès de personnes handicapées, et de personnes non handicapées. Une approche qui permet de transcender les connaissances conscientes de la personne et d’accéder à son essence. Dépasser le raisonné et le raisonnable, accéder aux enjeux psychiques d’une situation, accéder à l’inconscient, c’est-à-dire à ces motivations profondes qui sous-tendent nos actes et nos décisions, parfois à notre insu. Cette technique permet de mettre des mots là où la pensée n’est pas encore élaborée. Elle permet d’accéder à un degrés élargi de réflexion sur des problématiques évoquées.

L’accompagnement thérapeutique :

Sylvie Terrien accompagne les personnes au long cours, ou en complément d’un travail thérapeutique.

Il m’arrive, étant aux Etats-Unis, de proposer à mes patients en France, d’aller la consulter en complément du travail que nous faisons ensemble, notamment lorsque j’ai le sentiment que cela leur permettra d’avancer sur des points complexes. En accédant à des informations dont ils n’avaient pas conscience, mais qu’ils reconnnaissent, les consultants dépassent leur propres compréhensions des sujets traités. Ils débloquent les émotions rattachées à ces situations.La Psychophanie agit sur deux niveaux : La compréhension et la résolution par la libération des mots et du sens. Nous reprenons le texte ensemble, chaque phrase est porteuse d’un sens qu’il est judicieux de détecter et d’affiner pour avancer plus en finesse dans le travail thérapeutique.

J’utilise aussi directement cette approche lorsque je travaille en présentiel.Le textevs’écrit présente comme une forme de synthèse du travail thérapeutique déjà exécuté. Cela permet d’accéder à un niveau supplémentaire de compréhension, et de réorganisation du psychisme.

Les effets thérapeutiques :

La Psychophanie présente aussi l’avantage d’être une aide à l’élaboration, lorsque celle-ci fait défaut chez la personne. La souffrance empêche parfois l’accès aux mots et au sens.La souffrance, ou bien l’absence de réflexes introspectifs. Ce n’est pas un défaut c’est une réalité de l’aisance ou de la non-aisance de chacun avec les concepts et les mots.

Outil de meilleur connaissance de soi, la Psychophanie est aussi un outil de soin, et de libérations. Il peut être utilisé dans des situations très diverses : énurésie, colère, difficulté d’endormissement, difficulté alimentaire, mal-être, manque de confiance en soi, difficulté à être en couple : La diversité des problématiques qui peuvent être accompagnées est lié à la nature de l’outil ; il s’agit de donner du sens à un symptôme, à tout type de symptôme lorsqu’il est supposé d’origine psychique.

Le processus :

Le thérapeute, soutient la main du consultant, dans l’écriture d’un texte spécifique sur un clavier d’ordinateur. Spécifique par le mode d’écriture utilisé, par les thèmes abordés, et par la syntaxe.

 

Pour en savoir encore plus, vous pouvez consulter le profil de Sylvie Terrien dans l’annuaire de Soignants dans le Monde.

 

 

 

 

 

 

Accompagner les personnes atteintes de Troubles Obsessionnels Compulsifs et de Phobies

Accompagner les personnes atteintes de Troubles Obsessionnels Compulsifs et de Phobies

dessin Antoine 2

L’article que je vous propose est issu de l’accompagnement de deux enfants Antoine et Claire* atteints respectivement de Troubles Obsessionnels Compulsifs et de Phobies. J’ai expérimenté dans ces deux situations combien la parole, la volonté et l’investissement personnel ont le pouvoir de nous sortir de situations qui par d’autres aspects nous dépassent.

 

 

 

Antoine avait 8 ans quand j’ai commencé à le recevoir. Sa maman est une amie qui évoquait à l’époque fréquemment, une situation inquiétante pour elle avec cet enfant dont les difficultés envahissantes la dépassaient. Jeune thérapeute à l’époque j’écoutais sans intervenir pour respecter le fait que c’était une amie. Jusqu’au jour où elle me dit « la psy d’Antoine ne voit pas le problème, depuis 3 mois rien ne se passe, elle me dit qu’il va bien». J’ai alors spontanément proposé de recevoir Antoine, considérant inadmissible qu’une professionnelle ne sachant pas aider un enfant préfère nier la difficulté de l’enfant.

Accompagner un enfant perdu dans ses TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs), c’est à dire ses angoisses, est un travail de longue haleine. Dans la situation que j’évoque il faut aussi rendre hommage à l’investissement de ce jeune garçon qui a supporté ce laborieux travail qui s’est étendu sur 5 ans, avec des interruptions et des rythmes variables.

 

Ce qu’il faut comprendre, au sens de prendre en compte dans ces situations : Le TOC est un mécanisme de défense devant une situation anxiogène imaginaire mais qui s’impose à l’esprit. C’est une tentative de se prémunir d’un danger que l’on croit réel. Il est inutile de poser des pensées comme quoi « ce soir je ne me relaverai pas les mains ». Il faut comprendre et agir sur la source intrinsèque de stress. Ce n’est pas tant l’extérieur qu’il faut modifier mais le foisonnement de déductions faites à partir d’une croyance imaginaire.

Il y a donc une dissociation à mettre en œuvre entre pensée et action. Il faut comprendre que la pensée entraîne le passage à l’acte pour le patient : « Si je passe à côté de ces bandes dessinées, je risque d’être aspiré par les livres ». C’est une pensée excessive, semi-délirante. Délirante car un livre n’aspire pas une personne mais « semi » délirante car la peur d’être aspiré est bien réelle. « Pour éviter d’être aspiré par les livres, je vais les ranger avec précaution, et surtout je vais éviter de passer devant la bibliothèque qui les contient ». La pensée entraîne donc l’action, mais une action inadaptée au vu de la réalité. Il est totalement inutile d’essayer convaincre par la raison l’enfant qu’il peut passer devant les livres sans danger.

L’approche thérapeutique dans ce cas, est de passer par un travail psycho-corporel. Après une introduction en relaxation, je demande au patient où se situe en lui cette peur d’être aspiré par les livres par exemple. Ensemble nous allons explorer cette peur, ce qui la sous-tend, ce qui est nécessaire pour s’en débarrasser… Puis mettre par exemple symboliquement cette peur dans une boîte posée à côté de soi. En agissant de cette façon le patient perçoit un répit, une façon de s’en sortir, une façon aussi de composer avec cette peur en passant par un chemin différent du TOC. Mettre dans une boite, déposer à côté de soi la peur, sont des techniques beaucoup plus constructives que la répétition de gestes d’évitement.

L’étape suivant dans l’accompagnement de ces troubles est l’acquisition de techniques pour bloquer la pensée délétère. Il est nécessaire pour cela que la personne ait conscience que sa pensée angoissante ne se base pas sur des faits réels. Ce qui est impossible lorsqu’elle est prise dans le processus d’angoisse, l’est lorsqu’elle est en période d’accalmie. J’ai donc beaucoup entraîné Antoine à faire la part des choses entre la réalité et le moment où son imagination lui jouait des tours. J’ai utilisé pour cela des schémas, des objets transférentiels, des figurines… Toute sorte de supports dont l’objectif est de créer une matérialisation éphémère du cycle de la pensée, à laquelle il peut se référer lorsque les angoisses ressurgissent. La représentation du cycle de la pensée crée une matérialisation plus facile à combattre car moins abstraite.

Nous avons aussi beaucoup travaillé en Relaxation Profonde Active : Apprendre à se détendre, à observer les réactions de son corps, avec les lieux de sécurité et d’insécurité, apprendre à déployer les sources de sécurité. Cette cartographie corporelle permet aussi de rendre les pensées négatives plus palpables et favorise le ré-ancrage dans la réalité.

L’accompagnement de la personne nécessite aussi une intégration des proches. Il n’est pas facile de répondre à la question du « pourquoi est-il sujet à ces troubles », en revanche il est possible de travailler sur le « comment réagir ou répondre ».

La première fois que j’ai vu Antoine, au moment de lui dire bonjour, je lui ai tendu la main droite. Et sa maman m’a tout de suite dit « non Antoine ne donne pas la main droite, il donne la gauche ». En fait en voulant éviter un malaise à son fils, cette maman bienveillante et attentive, prenait le risque de renforcer ses peurs : Dans l’esprit de l’enfant « si maman dit cela c’est qu’il y a vraiment une raison d’avoir peur qu’il m’arrive quelque chose si je donne la main droite ». La position maternelle est compréhensive, mais contenu de l’intensité des angoisses de son fils, il était préférable de dire « Antoine ne souhaite pas donner sa main droite, même s’il n’y a aucune raison d’avoir cette crainte ». Il y a dans cette formulation une prise en compte de la peur réelle de l’enfant, mais aussi un message sur l’absence de danger réel. Cette différenciation entre réalité de la peur, et non-réalité du danger est primordiale dans le processus de guérison, et aussi dans la construction de l’alliance thérapeutique : Il est important de ne pas prendre à la légère la réalité de la peur, quand bien même sa cause est infondée.

Intégrer les proches, c’est aussi les accompagner pour qu’ils prennent du recul, et que leur relation à celui qui souffre ne soit pas exclusivement basée sur ses troubles, afin d’accompagner sans pour autant accentuer.

La personne dans sa lutte contre ses TOC, doit avant tout lutter contre les peurs qui en sont à l’origine. Il est important qu’elle prenne conscience que même s’il lui arrivait quelque chose, elle possède des moyens de réagir, l’interroger sur ce qu’il pourrait faire s’il y avait effectivement un danger, lui permet de réaliser qu’il a des ressources. Ce « comment je peux réagir si » renforce la conscience de son état de sujet pouvant agir. Reconnecter à qui l’on est, ce que l’on sait faire, c’est-à-dire à notre réalité de sujet pensant mais surtout agissant, permet de remettre les choses à leur place. Dans l’accompagnement de personnes atteintes de ces troubles, il est nécessaire de les aider à se connecter à leur réalité, à leur puissance agissante pour leur bien-être et leur sérénité.

Enfin, le dernier volet de la prise en charge de ces personnes est une re-création progressive d’une nouvelle façon d’être à la vie. La nature ayant horreur du vide, si l’on retire les TOC, sans rien proposer à la place, ceux-ci risquent de revenir. Il y a inconsciemment une addiction à la peur qui a pu se mettre en place. « Si je n’ai plus peur, de quoi se construit ma vie ? comment est-ce que je vais être accueilli dans le monde si je ne me présente plus dans ma fragilité, qu’ai-je d’autre en moi que cette fragilité pour que l’on s’occupe de moi ? ». La déconstruction de la peur, et l’abandon des TOC passe alors par une revalorisation identitaire à travers les relations amicales, hobbies, qualités, centre de créativité de la personne.

A l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai plus eu de rendez-vous avec Antoine depuis six mois. Il a pu créer de nouveaux liens amicaux, et ses résultats scolaires sont remontés. Il continue aussi à dessiner avec talent. Il continue aussi d’utiliser les techniques de relaxation et d’ancrage que je lui ai apprises.

 

 

Troubles Obsessionnels Compulsifs Phobie

Dans l’accompagnement de l’enfant sujet à une phobie envahissante, les processus mis en jeu étaient identiques : angoisse très forte, et hors de raison, liée à des propriétés inquiétantes, attribuées à des animaux, avec un processus d’emballement de la pensée qui est relayé par le corps et des réactions émotionnelles très fortes.

La structure de l’accompagnement est le même : recherche de sens, désamorçage de l’emballement de la pensée, apprentissage d’outils de gestion du stress, adaptation de la réponse de l’environnement familial, et réapprentissage de l’ancrage corporel comme meilleur outil de lutte contre l’emballement de la pensée.

L’accompagnement a été mené sur trois mois, preuve si c’était nécessaire de le préciser qu’une situation n’est jamais totalement bloquée, même si elle est mystérieuse.Preuve aussi que les changements peuvent survenir très rapidement.

 

J’aimerai passer ces deux messages :

Il y a, à tout âge, des moyens de se débarrasser de Troubles Obsessionnels Compulsifs et de comportement phobiques aussi envahissants soient-ils.

Il ne faut pas non plus hésiter à faire appel à des thérapeutes différents si après un certain investissement, une situation n’évolue pas.

Vous pourrez trouver dans la rubrique Témoignage du site Soignants dans le Monde, les écrits des deux mamans de Claire et Antoine.

*Les prénoms ont été modifiés.
**Illustration par Antoine

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