Une vidéo pour parler du harcèlement

Une vidéo pour parler du harcèlement

« Ces mots je te les rends »

Un outil à proposer à vos enfants pour répondre aux propos déplacés dont ils sont victimes.

Cela parait tout simple, mais il y a une force symbolique réelle et thérapeutique dans la posture que la personne victime de harcèlement verbal peut prendre avec cet outil.

Je l’ai toujours proposé aux enfants et adolescents qui venaient avec cette problématique. Et si je ne suis pas sûre que la plupart d’entre eux aient osé l’utiliser, ils avaient tous un grand sourire à l’idée d’avoir quelque chose à répondre aux mots blessants dont ils étaient victimes. Cela changeait leur posture, et la façon de vivre l’agressivité de l’autre. Ce dernier étant renvoyé à ce qu’il était vraiment : un enfant ou un ados comme eux.

Leur réaction était aussi parfois de me dire “Je ne peux pas dire ça c’est méchant”… Bonne remarque pour lancer la discussion sur ce qui est méchant ou non, sur pourquoi on supporterait les mots méchants de l’autre sans réagir.

L’idée de “rendre à l’autre”, ce n’est pas tant lui rendre ce qui lui appartient, que de refuser de faire siens les qualificatif qu’il impose. Cette autorisation psychique de refuser de s’identifier au personnage mauvais que l’autre voit en soi, est un premier pas vers la résilience face au harcèlement.

4 étapes incontournables pour aider des personnes victimes de harcèlement

4 étapes incontournables pour aider des personnes victimes de harcèlement

harcèlementLe harcèlement est un thème récurrent d’articles et de discussions. Il est à prendre au sérieux au même titre que de la maltraitance.
Sa gravité n’est pas liée à la gravité des actes posés. Ceux-ci sont généralement anodins, mais à leur fréquence et à leur répétition dans la durée. C’est parce que ces actes sont anodins qu’il est difficile de les arrêter car difficile de les punir quand ils sont pris isolément.

Lorsque je travaille avec des personnes victimes de harcèlement, il y a plusieurs étapes incontournables :

1. Identifier en quoi ces actions apparemment bénignes sont du harcèlement.
2. Assurer la sécurité de la personne ; en l’invitant à s’écarter des personnes toxiques, ou en faisant intervenir des adultes lorsque les actions se passent dans le cadre scolaire.
3. Apprendre à la personne à se faire respecter en posant des limites et en les affirmer ces limites.
4. Aider à reconstruire son estime d’elle-même, en reprenant conscience de ce qu’elle est , de ce qu’elle aime faire, de ses talents propres, afin de pouvoir de présenter à l’autre consolidée par cette assurance intime.

Aucune de ces étapes n’est simple à mettre en œuvre, et chacune présente une urgence propre.

1. Identifier

Identifier qu’il s’agit bien de harcèlement, c’est aussi prendre conscience de sa propre vulnérabilité. Admettre que l’autre peut ne pas vous aimer, quand bien même rien de concret ne le justifie.
Le risque est alors d’atteindre plus profondément la confiance en soi. Ou bien de bloquer la personne dans une situation de victime.

2. Assurer la sécurité des personnes

Assurer la sécurité des personnes en intervenant est délicat. Un harceleur ne souhaite pas se reconnaitre comme tel. Il est pris dans un système pervers de négation des souffrances de sa victime. Se reconnaitre lui-même comme harceleur revient à voir en lui son côté noir, et à atteindre sa propre confiance en lui-même, voire à se confronter à ce qu’il n’aime pas en lui. Impossible.

Il va donc réagir non pas par l’excuse, mais par la négation des faits, voire par la surenchère. Il va donc reprocher à la victime sa « susceptibilité », le fait de l’avoir « dénoncé » le fait d’être « faible » etc…

  • Dans le cas de harcèlement au collège ou au lycée, seule la fermeté des adultes peut faire stopper le harcèlement.
  • Dans le cas d’un harcèlement au travail, la situation est encore plus délicate car il y a des enjeux de management, de carrière, ou juste de possibilité de maintenir une activité professionnelle.
  • Il existe aussi des situations de harcèlement dans le cas de la séparation de couples. Il y a un harcèlement direct : envoi de messages, d’insultes, multiplication des procédures juridiques… Il y a aussi un harcèlement plus subtil, mais tout autant dévastateur, en accusant l’autre de ce que l’on fait soi-même, en diffamant son ex-conjoint, il y a création d’un vide autour de lui, qui constitue une forme subtile de harcèlement.

>> Dans le cas d’un harcèlement au collège il n’est pas rare que ce soit la victime qui finisse par quitter l’établissement. Notamment si l’autorité représentée par les adultes n’a pas mis les limites nécessaires. Un enfant ou un jeune en construction est a priori capable de modifier son comportement si les limites sont posées.

> Dans les deux autres cas c’est aussi une autorité supérieure qui devrait intervenir, bien qu’elle soit plus difficile à définir ou à mettre en œuvre que dans l’exemple du collège (supérieur hiérarchique, ressources humaines, ou bien justice).

Cependant, le harceleur étant souvent le plus habile verbalement, c’est souvent une fois de plus la victime qui s’efface. D’où l’importance d’accompagner la personne à se faire respecter par elle-même.

3. Apprendre à la personne à se faire respecter

Apprendre à la personne harcelée à se faire respecter, et retrouver l’estime de soi, relève généralement d’un travail psychothérapeutique, mais le rôle des proches est essentiel.
Pour mettre des limites il faut reconnaître où sont ses limites. Et ce qui généralement est une des plus grandes difficultés des victimes de harcèlement. Soit par manque initial de confiance en elle, soir par ignorance, soit parce que leur naturel aimable et ouvert les empêche de discerner l’excès, elles se laissent emmener à une sorte de point de non-retour où il devient extrêmement difficile pour elles de poser le stop qu’il est nécessaire de poser.

Au-delà de l’accompagnement psychologique, la personne a besoin de ses proches pour l’aider à discerner qui elle est, et en quoi son avis est important.La force des harceleurs est puisée dans la faiblesse de la victime. Bien souvent ils s’emparent de la place que la victime leur laisse, à son insu.Il s’emparent aussi de la tendance de la victime à vouloir faire plaisir, ou bien à rechercher la paix par le silence, hors « qui ne dit mot consent ». La seule réponse possible est une affirmation de soi, qui vient de sa propre légitimité retrouvée à ne pas se laisser faire, et à comprendre que sans cela, l’autre ne s’arrêtera pas. On est pas harcelé car on n’a pas de valeur, on est harcelé car l’autre est dans la recherche de pouvoir, et d’estime de lui-même puisée dans l’écrasement d’autrui et l’affirmation d’une fausse identité, mais reconnue par le groupe.

Plus la personne se démarque du groupe, en revanche, plus elle risque de se faire ennuyée par celui qui est déstabilisé par son originalité, et la force de caractère que présuppose cette autonomie. Généralement les personnes qui se font harcelées ignorent que leur force, leur identité propre est la source de cette agressivité, et croient au contraire qu’elles ne sont pas à la hauteur, et recherchent donc une reconnaissance que l’autre n’a pas l’intention de leur donner. Il faut apprendre à s’aimer soi-même…

Accepter d’interroger les processus de harcèlement est accepter que tout le monde n’est pas dans la bienveillance et dans le respect des identités de chacun, c’est aussi accepter le vide identitaire de personnes qui ne survivent psychiquement que dans des relations de conflits. La victime doit alors accepter l’idée, je devrai dire en premier lieu, concevoir, que le conflit généré par l’autre n’est en aucun cas lié à elles-même, mais est juste le besoin vital de l’autre d’exister par et pour le conflit, voire la victimisation.Elles sont la cibles d’une antipathie créée de toute pièce par une personne frustrée , et généralement frustrée d’elle-même. D’où la complexité pour mettre fin à ce conflit.

Le travail thérapeutique consiste à éclairer les enjeux psychiques des uns et des autres, à faire accepter à la personne harcelée qu’elle n’est pas responsable de l’agressivité de l’autre, qu’elle ne doit pas en attendre un changement d’attitude pour que le choses bougent, mais mettre en place les réponses adaptée qui feront bouger les choses : Désintérêt pour l’autre, capacité à ne pas se laisser envahir et à ruminer face à chaque attaque, création d’une distance émotionnelle, et d’une distance émotionnelle énoncée (voir par exemple la vidéo « Ces mots là je te le rends« ). Refuser de prendre à sa charge les collages identitaires négatifs que l’autre assigne (« tu es nul », « tu es moche », « personne ne s’intéresse à toi », « tout mon malheur vient de toi », « tu ne t’y prends pas bien », « tu ne sais rien faire »…. )

Se faire respecter de l’autre, passe par se respecter soi-même, identifier que l’on est digne de respect.

4. Aider à reconstruire

Pour aider votre enfant à retrouver sa légitimité, il y a une posture à prendre : Dans le moindre des actions de la vie, poser la question « qu’en penses-tu » « quel est ton avis » « que préfères-tu ? » tous ces petits moments réapprennent à la personne à se réaffirmer. C’est parfois très laborieux car justement la confiance en son identité est mise à mal, mais c’est nécessaire.

Poser un stop pour la personne harcelée, c’est aussi prendre le risque dans un premier temps d’une agressivité plus forte. Il n’y a pas de règle immuable car cela dépend des personnes en jeu. Généralement le harceleur va venir tester la solidité de celui qui « ose » d’un seul coup de rebiffer.

Utiliser un vocabulaire fort, parler fortement, accompagner son « ça suffit » d’une posture physique qui affirme et non qui quémande le respect nécessite d’apprendre à le faire, mais aussi de se sentir légitime pour le faire.

Ce qui est compliqué c’est aussi que cette affirmation de soi entraîne un risque de solitude encore plus fort.

Finalement le groupe a peur du faible, car le faible renvoie à chaque membre du groupe sa propre faiblesse. Alors le groupe laisse le harcelé seul, et n’aime pas quand celui-ci en dénonçant les faits dont il est victime induit qu’il n’a pas été aidé par les autres. C’est en cela qu’il y a une perversion des réactions de chacun et finalement un avilissement à celui qui semble le plus fort, même s’il tient sa force d’actes objectivement répréhensibles. Hors dans une situation de harcèlement ce n’est pas du tout l’objectivité qui domine mais la subjectivité et l’émotion.

Le rôle des proches est aussi d’être un soutien sans faille dans ce stress que la personne vit, dans la reconnaissance de sa détresse et dans la reconnaissance de sa légitimité à vivre autre chose.

>> Les femmes battues décrivent bien leur impossibilité à penser qu’elles ne devraient pas vivre autre chose, lorsqu’elles expliquent que si elles ont subi telle ou telle violence, elles en étaient certainement responsables d’une manière ou d’une autre.

>> Les lycéens victimes de harcèlement sont capables de tenir le même genre de discours.

>> Les séparations de couple, il faut parfois une dose immense d’agressivité du conjoint dominateur pour que le conjoint dominé finisse par réagir. Et même dans ce cas là ce n’est pas toujours très évident, sa réaction peut prendre des moyens détournés qui permettent encore au conjoint dominateur d’affirmer son bon droit. Et d’être approuvé pour cela par le groupe.

Les effets du harcèlement sont terribles et profonds sur l’estime de soi, et créent une véritable vulnérabilité. Je pense en écrivant ces lignes à une jeune personne qui était prise dans une relation amoureuse déséquilibrée. Elle n’a pu retrouver de la distance dans cette relation, qu’après une séance extrêmement éprouvante durant laquelle nous sommes revenues sur le harcèlement dont elle avait été victime 3 ans auparavant. En réalité elle en avait gardé inconsciemment l’idée qu’elle devait se soumettre au désir de l’autre, car elle n’était pas intéressante, l’autre lui faisait donc un cadeau inestimable en s’intéressant à elle. Dans cette situation qui s’est heureusement bien finie, cette personne se mettait à la merci de l’autre dans la relation.Son ami n’était pas malhonnêtes, et n’a donc pas été malhonnête avec elle. En tant que thérapeute je ne comprenais pas pourquoi malgré un travail assez poussé, la situation sur cette relation pourtant terminée restait bloquée, je ne comprenais pas pour quoi cette personne n’arrivait pas à se considérer par elle-même dans ce couple, et dans toutes ses projections sur le « couple idéal ». C’est à partir du moment où par un travail psychocorporel elle a symboliquement rendu à ses anciens harceleurs leurs remarques dévalorisantes, qu’elle a pu restaurer son estime d’elle-même et rétablir un équilibre satisfaisant dans ses attentes vis-à-vis des autres.

Le meilleur service que l’on peut rendre à ses enfants pour les prémunir de ce type de prise de pouvoir pour eux est de renforcer leur légitimité d’êtres pensants, existants, ayant le droit à leur place dans le monde. Cela va à l’encontre des injonctions telles de « sois sage », « fais toi oublier », au profit de « quelle est ton opinion » « qu’est ce qui compte pour toi »…

Les mêmes causes produisent les mêmes effets, alors essayons de changer les réponses

Les mêmes causes produisent les mêmes effets, alors essayons de changer les réponses

changer pour évoluerOu pourquoi changer pour évoluer…

« J’ai 10 ans, je demande à ma mère, comme tous les soirs, si je peux regarder mon émission fétiche à la télévision.
Ma mère me demande, comme tous les soirs, si j’ai fait mes devoirs.
Ma réponse est encore non.
La sienne aussi.
J’hurle et je tape du pied.

J’ai 14 ans, je hurle que je veux regarder la télévision… La réponse est non ; je pars en claquant la porte.

J’ai 25 ans je souhaite changer de job. On me dit non. Je renonce.

J’ai 45 ans, ma fille souhaite regarder la télévision.
Je lui demande si elle a fait ses devoirs
Elle me dit non.
Je propose que l’on trouve un compromis. »

1. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Donc si l’on souhaite changer les effets, il faut changer les causes. CQFD

Si l’on considère que la plus forte capacité de changement vient de l’adulte. Il ne reste plus qu’à.

Mais pour enclencher ce changement l’adulte doit le vouloir, le pouvoir, le comprendre, l’accepter.

Tout cela demande de la capacité d’adaptation.

Pour pouvoir accepter de changer, il faut avant tout avoir confiance en soi.
Why ? Qui accepterait de changer quelque chose de sa vie s’il avait une défaillance identitaire tellement forte,  qu’il aurait peur de se perdre en acceptant un compromis.

Ou bien pour pouvoir accepter de changer il ne faut pas avoir trop de confiance en soi.
Why ? Qui accepterait de s’abaisser à adapter son attitude à celle d’autrui, cet autrui « inférieur » qui en sait moins que lui.

Pour pouvoir s’adapter il faut aussi abandonner le fantasme de pouvoir agir pour l’autre.

Si un enfant pose toujours la même demande, et que vous lui imposez toujours la même réponse, il n’y a pas beaucoup d’évolution possible.

Trop d’autorité peut aussi brider l’énergie vitale, l’élan, ce qui permet d’être créateur de sa propre vie. Trop d’autorité peut aussi entraîner une baisse de confiance en soi, (illustrée ci-dessus,  avec cet abandon de changement professionnel à l’âge adulte).

Pas assez de fermeté crée un espace de liberté ou tout devient possible avec comme risque d’être anxiogène.

L’enfant a terriblement besoin de la confiance en leur propre choix de ses parents pour les percevoir comme sécurisant. Chaque fois que vous perdez patience, vous engendrez, à votre corps défendant, de l’insécurité, avec comme effet délétère, un comportement encore plus capricieux et provocateur de votre enfant. Celui-ci est en recherche de sécurité, et le meilleur moyen de tester la sécurité est de tester la fermeté bienveillante des parents. Cela peut paraitre complexe et contradictoire, pourtant c’est assez logique : En testant les limites que vous posez l’enfant (ou l’adolescent) teste votre assurance et votre confiance dans ces limites. Il expérimente donc votre solidité, cette fameuse solidité sur laquelle il pourra s’appuyer en cas de difficulté majeure. L’effet est bénéfique si la fermeté est donnée dans le calme.

2. Il incombe aux parents de mêler à leurs exigences une capacité à entendre les besoins de l’enfant, et à être créateurs d’autres réponses.

Ou comment sortir de schémas trop simplistes et répétitifs.

Il en est de même pour tous les aspects de la vie. Chacune de vos attitudes est enregistrée inconsciemment dans le « disque dur » qui constitue la base de réactions à ce que la vie vous renverra.

  • Si vous avez l’habitude de perdre patience devant les contrariétés de la vie, votre enfant emmagasinera que l’énervement est une réponse adéquate à la frustration.
  • Si vous lui dites que ses résultats sont insuffisants il en déduira que lui-même est insuffisant.
  • En réalité ces insuffisances que vous voyez chez lui sont le reflet de vos peurs, mais l’enfant ou l’adolescent n’est pas capable de le comprendre.
  • Si vous trouvez ses résultats scolaires insuffisants, demandez-lui de quoi il aurait besoin pour les améliorer.
  • Si vous souhaitez que votre enfant apprenne la conciliation, montrez-lui ce qu’est une conciliation.
  • Si vous voulez qu’il devienne un adulte responsable, apprenez-lui à prendre des responsabilités, mais à la hauteur de son âge.
  • Si vous voulez qu’il ait un esprit critique, acceptez qu’il exerce aussi celui-ci à l’égard de ce que vous lui demandez de faire.
  • Si vous voulez qu’il soit créatif, laissez-lui l’espace pour l’être.
  • Si vous voulez encore ci et encore ça, il faudra cependant à un moment vous demander si vous ne voulez pas un peu trop de choses, et si vous n’êtes pas en train de trop projeter de vos envies sur lui 🙂

Comme je l’ai écrit dans des articles précédents, je connais bien la pression que notre système scolaire et étudiant crée sur chacun, je sais donc bien à quel point le rôle du parent est délicat et se joue dans un équilibre difficile entre le respect du rythme de l’enfant et la réalité sociale.

Vos paroles ont beaucoup plus d’impact sur lui qu’il ne vous le montre, et sa sensibilité à votre regard sur lui est juste immense (quoiqu’il en dise).

Changer la réponse revient ici à sortir du jugement pour arriver au pourquoi et au comment, soit à la création d’une nouvelle voie. Abandonner la colère, au profit de la recherche de sens.

Pour vous donner un exemple concret : au lieu de dire « arrête de crier »,

  • Demandez-lui calmement pourquoi il crie.
  • Ou bien demandez-lui de dire la même chose en utilisant un ton en dessous, jusqu’à arriver à une intonation de voix qui permette le dialogue.
  • Sachez aussi reconnaitre ce qui tient de la situation présente ou ce qui est le reflet d’événements passés : donnez alors du sens à ces émotions « je crois que tu es très énervé car tu es déçu par ton score en foot ».
  • Cela s’appelle du méta langage : Parler sur la situation, au lieu de répondre au premier degré. Vous lui donnerez l’occasion d’une prise de conscience et ouvrirez un dialogue salvateur.
  • Ou enfin si vous vous sentez prêt(e) à perdre patience, quittez a pièce le temps de prendre du recul.

3. Ces éléments qui font monter la tension

Le stress du parent

Soyez le plus créatif possible dans vos réponses, en laissant de côté votre stress qui est généralement avant tout le reflet de vos inquiétudes sur son avenir ou de vos frustrations  (de ne pas avoir été plus loin dans vos études, pas plus aidé par vos parents, moins ouvert au monde, et sans éducation musicale ou sportive, et que de fait il ne soit pas comme vous auriez aimé, ou comme vous avez été… )  Votre enfant est un être différent de vous qui agira différemment, c’est une évidence, pourtant on l’oublie souvent.

La culpabilité parentale

Il y a un autre frein qui intervient dans les relations entre parents et enfants, comme le contre-pied de ce que j’ai pu dire sur le trop d’exigence : la culpabilité : «le pauvre on lui a imposé un petit frère, un déménagement, un saut de classe, une éducation mixte, un rythme imposé par nos vies professionnelles… ».  A ceci près que tout ça constitue la vie. On peut aussi dire que cet enfant a eu la chance d’avoir une grande famille, du mouvement, une ouverture d’esprit.
Le problème de cette culpabilité est qu’elle empêche le parent de jouer son rôle d’éclaireur.
Du point de vue de l’enfant, et qui plus est de l’adolescent, cette culpabilité va devenir un excellent prétexte à faire n’importe quoi, et puis si l’on va plus loin dans l’analyse, il peut en conclure qu’il est objectif de dire qu’il est le plus malheureux de tous, et le plus brimé : Cela ne permet ni la conciliation ni la maturité.

La léthargie de l’enfant ou adolescent

Il y a un autre point qui est souvent source de difficultés parents-enfants, il s’agit de la léthargie de l’enfant (et plus souvent de l’adolescent). La cause de l’agacement est connue : la léthargie, mais la réponse comment la modifier ? D’autant plus difficile à admettre si l’on est prêt à inscrire son enfant à toute activité, à l’emmener partout… Et celui-ci ne s’empare de rien.

Le téléphone omni présent 

Redire tous les jours « fais autre chose que regarder ton téléphone », entraine donc des crispations voire des conflits. Dites-vous aussi que plus vous insisterez plus vous risquez de bloquer la situation. Car cela deviendra un enjeu de prise d’indépendance, à travers l’occasion de s’opposer à vous. C’est dur à dire mais parfois comme vous êtes des parents bienveillants, c’est un des seuls terrains ou le jeune peut s’opposer, sans risquer de trop perdre. Le problème de ces conflits répétitifs c’est qu’ils créent un climat de saturation, et lorsqu’il y a une raison de s’opposer plus sérieuse les adultes ont perdu prise.

Je n’ai pas de recette miracle sur le « trop de téléphone », disons déjà que si vos enfants sont jeunes vous gagnerez de la paix en mettant des règles tout de suite.

Et si non tâchez d’établir d’un commun d’accord des règles de fonctionnement en parlant de ce que vous ressentez «  je suis stressé de voir ton regard sur ton téléphone en permanence, j’ai l’impression que rien ne t’intéresse d’autre » « que pourrais-tu faire d’autre qui t’intéresserait »

« Je peux comprendre que ce soit une pause pour toi après les cours, mais peut-on convenir que… »

Prendre soin d’un enfant ne signifie pas tout accepter de lui, mais essayer de dépasser le premier niveau de communication pour donner du sens à ce qui se joue pour lui. Et pour ne pas se tromper le mieux est de lui demander : « De quoi aurais-tu besoin pour réussir cela ? » « De quoi as-tu envie ? » « Que ressens-tu ? » «  Comment peut-on faire pour ? »

Plus efficace que « tu dois », « il faut », « je veux ».

Les mêmes réponses entrainent les mêmes effets 😀

Quelques notions clés au sujet du sommeil de l’enfant

Quelques notions clés au sujet du sommeil de l’enfant

Le sommeil du bébé est primordial pour lui et pour ses parents.
Pour lui car il continue à se développer, il apprend un rythme et de l’autonomie.
Pour ses parents car c’est une nécessité vitale !

Il est nécessaire d’apprendre très tôt à l’enfant à dormir seul et dans son lit, cette acquisition sera d’autant plus aisée qu’elle aura eu lieu dès le début de la vie du petit. Une fois que l’on s’est assuré que l’enfant n’avait pas de besoin particulier on peut le laisser. Il y a des pleurs d’endormissement qui peuvent durer un petit moment. Et des astuces pour aider l’enfant.
En revanche si le sommeil ne se met pas en place, cela vaut le coup de consulter pour aider son enfant avant de rentrer dans le cercle infernal de parents épuisés qui n’ont plus les moyens de réagir.
Plusieurs techniques peuvent être sollicitées une fois les causes médicales écartées : psychologie, ostéopathie, sophrologie, huiles essentielles…

Le sommeil de l’enfant est un lâcher- prise, une parenthèse pout lui qui est aux aguets parfois anxieux pour des raisons qui nous échappent à nous adultes. Et parfois en lien avec l’anxiété de la maman. D’où l’idée de la consultation bébé /maman ou bébé/parent.

Le problème s’il n’est pas résolu peut durer très longtemps. J’ai reçu en consultation un petit garçon de 5 ans qui venait voir sa mère toutes les nuits. En fait il semblerait qu’il venait voir si sa maman allait bien, dans un contexte familial particulier. Lui signifier que sa maman prenait soin d’elle par elle-même, et que ce n’était pas son rôle, a mis fin aux réveils nocturnes.
J’ai aussi vu des enfants beaucoup plus grands avoir besoin certains soirs de la présence d’un parent pour s’endormir. Si l’on souhaite changer la situation il faut modifier les rituels du coucher.

Enfin pour les tous petits comme pourrai les plus grands, la fermeté de l’adulte qui dit à son enfant qu’il ne veut pas se lever la nuit peut aussi faire la différence.

Dernière astuce, en avançant l’heure du coucher d’un quart d’heure ou d’une demi-heure on peut aussi considérablement faciliter les choses. Un enfant trop fatigué peut avoir encore plus de mal à s’endormir !
Bon sommeil à tous 😏.

Vos enfants vous écoutent, plus que vous ne le croyez !

Vos enfants vous écoutent, plus que vous ne le croyez !

Vidéo spontanée sur l’impact de vos propos sur vos enfants. Vos enfants vous écoutent plus que vous ne le croyez !

J’entends souvent des parents désespérés d’avoir l’impression que leur enfant se moquent totalement de ce qu’ils disent, et pourtant vos enfants vous écoutent, plus que vous ne le croyiez. En revanche, comment écouter ce qui se cache derrière leur apparente désinvolture ? Cela revient souvent plus à décrypter qu’à écouter.
Cependant vous gagnerez en sérénité si votre postulat de base était « Je suis important (e) pour lui, donc que veut dire cette attitude ? »

Comment réagir dans le cas de disputes en voiture

Comment réagir dans le cas de disputes en voiture

Les disputes des enfants en voiture peuvent devenir obsédantes au point d’inciter certains parents à renoncer à des projets de voyage.
Les disputes sont liées à des tempéraments, à des modes de fonctionnements, et le reflet des besoins primaires mal identifiés ce qui crée stress et dispute avec le voisin.
Il y a des familles où la dispute est inhérente au fonctionnement entre les enfants. Et souvent le mode de communication familial. Le fait de faire des voyages itinérants en voiture, avec une accumulation de temps passé ensemble, une promiscuité de tous les instants, vont accentuer cette façon d’être, mais je pense que cela interroge de façon plus générale le fonctionnement familial et les attentes des uns et des autres.
Idem pour le tempérament, un enfant qui s’exprime habituellement par le conflit a peu de chance de modifier les choses soudainement.

A moins que …
A moins que l’on donne du sens.
Il faut en tant que parent observer ce qui déclenche les conflits et les moments où ils se déclenchent. Une réponse sur le sujet du conflit ne suffit pas toujours à apaiser ce dernier, en revanche une réponse sur le sens aide davantage.
Au lieu de dire « laisse ta soeur tranquille » (sujet du conflit)
Dire « Je pense que tu embêtes ta soeur car tu as faim/ soif/envie d’arriver/sommeil …  » et compte tenu de cela proposer la bonne remédiation.
« Commence ton goûter/prends ton livre/repose toi »…

L’important étant d’intervenir suffisamment tôt avant que ce qui était une provocation ne devienne inextricable!
Il y a aussi des conflits de jalousie la situation de voyage intense peut entraîner la peur de la perte d’identité : ai-je bien toute ma place dans cette histoire ? Est-ce que ce que je suis, différent de mes frères ou soeurs est bien pris en compte ? Est-ce autant pris en compte que pour l’autre ?
Ce serait un piège de vouloir donner à chacun exactement la même chose. Il vaut mieux apprendre à ses enfants à avoir ou à faire ce qui leur correspond.
Un bon moyen est aussi de bien discuter tous ensemble sur ce que l’on va faire et quand pour que chacun soit partie prenante du projet et ne soit pas juste consommateur (et du coup plus facilement critique).
Enfin faut-il intervenir et tant que parents ?
En voyage oui dans hésiter pour que cela ne dégénère pas et parce que la situation en elle-même peut créer une tension inhabituelle.

Dans la vie quotidienne il est plus intéressant d’accompagner les enfants à prendre conscience de ce qui génère les conflits et de comment les résoudre. Il y a plus de temps pour cela et vos enfants devenus adultes sauront mieux se parler et gérer leurs potentiels désaccords.
Bon voyage 😉

 

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