Interview d’expatriation réussie: Charline D’Avout nous raconte son expérience d’infirmière aux Etats-Unis

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Charline s’est manifestée lors du dernier webinaire de Soignants Dans Le Monde pour partager son expérience et son « rêve américain ». Nous l’avons interviewée pour en savoir plus sur son parcours

Infirmière en France avant son départ pour les Etats-Unis

Jeune infirmière, alors âgée de 24 ans, avec une courte expérience à Paris et à La Réunion, Charline suit son mari à San Francisco en octobre 2010. « Quelques renseignements pris avant le départ mais pas plus », elle emmène avec elle la volonté de poursuivre son métier en Californie. Rapidement après son arrivée, elle se rapproche du nursing board californien, équivalent de notre ordre national infirmier, et démarre ses démarches. Ca tombe bien, la Californie est en manque de professionnels infirmiers.

Quel parcours avez-vous suivi pour obtenir l'équivalence des diplômes et pouvoir enfin exercer?

Le processus est rapidement enclenché avec le board mais les aller-retours avec eux se multiplient et le font durer dans le temps. Les documents demandés s’ajoutant au compte-gouttes, Charline répète les démarches et finalise son dossier près d’un an plus tard.

Une fois, ses diplômes français ainsi que les contenus des cours rassemblés, leurs traductions et assermentations obtenus, la voie du National Council Licensure Examination s’ouvre à elle. Plus communément appelé le NCLEx, cet examen de licence du Conseil national est le sésame pour obtenir l’agrément des infirmières et ainsi exercer ce métier aux États-Unis.

 

Nous souhaitons en savoir plus sur ce fameux NCLEX

En Californie, comme dans la plupart des Etats américains, l’exercice du métier d’infirmière est conditionné par l’obtention de cet examen. Il s’agit d’une étape obligatoire dans le processus d’obtention d’une immatriculation.

Cet examen, en soi, permet d’évaluer les compétences et de garantir un niveau de connaissances équivalents entre tous. Ce qui peut impliquer une remise à niveau de certains sujets. En effet, certains modules sont abordés plus succinctement dans le cursus français et nécessitent donc de suivre des cours additionnels. A titre d’exemple, de simples révisions ne suffisent pas pour les modules sage-femme, pédiatrie ou encore sur le système de santé américain.

Pour réussir cet examen national, il est nécessaire de puiser au-delà de ses propres ressources et de bien se renseigner au préalable sur le contenu de l’examen. Finalement, il correspond à un niveau de Master et permet la supervision d’autres infirmières.

Un peu plus d’un an après son arrivée à San Francisco, Charline démarre sa première mission de registered nurse américaine.

Quelles expériences professionnelles en terre californienne?

« Le système américain fonctionnant beaucoup sur les recommandations, le premier poste n’est pas forcément aisé à trouver ».

L’Etat californien ayant de gros besoins de soignants, Charline débute rapidement une mission bénévole dans un centre de soins pour les personnes n’ayant pas d’assurance santé, appelé free clinic. Cette première expérience de quelques mois se poursuit grâce à un recrutement dans une autre free clinic de San Francisco, où elle exercera 5 années. « Occupant une place assez centrale au sein d’une équipe pluridisciplinaire, cette expérience s’avère très intéressante ».

Désormais détentrice de recommandations et d’un réseau de professionnels, la suite coule de source au gré des opportunités et de ses déménagements successifs dans l’état californien.

Charline travaille ensuite pour un centre de soins de suite et de réadaptation à Los Angeles pendant quelques années, pour lequel elle endossera un rôle de management d’autres infirmières.

Puis, elle rejoint une start-up travaillant sur l’ouverture d’une nouvelle clinique. Par manque de financement, cette expérience sera de courte durée.

Et très vite après, Charline est recrutée par le Département de Santé Publique de l’Etat de Californie et vit la gestion de la crise du Covid-19 de l’intérieur. « 

Au départ, recrutée pour renforcer les effectifs et assurer le suivi des cas contacts ou positifs, très vite je bénéficie d’une ascension verticale, avec l’explosion de la pandémie et gère les liaisons entre les centres de vaccination et la direction ».

Quels aspects pratiques sont intéressants de connaître avant le départ ?

Savoir que « Oui, c’est possible! Même si je ne vous cache pas que le plus dur finalement a été la première année, avec l’incertitude de savoir si ce projet se concrétiserait et si j’allais exercer sur le sol américain. »

Comment avez-cous géré la barrière de la langue pour travailler?

« Le temps de s’installer, de prendre ses premières marques et d’initier les démarches auprès du board, puis j’ai rapidement entrepris des cours d’anglais et trouvé un job dans un café pour pratiquer mon anglais, qui datait du lycée. Le langage médical est relativement accessible puisque majoritairement composé de racines latines, donc on s’y retrouve vite. »

Pourquoi ne pas opter pour le cursus complet local?

« Tout d’abord et comme la plupart des études supérieures aux Etats-Unis, le cursus complet correspondant à un Master est très coûteux. Et puis la formation américaine est plus théorique qu’elle n’est pratique. Les étudiantes infirmières réalisent peu de stages et démarrent sur le terrain avec très peu d’expérience et de maîtrise des pratiques, même les plus simples. »

Y a-t-il des contraintes et/ou des avantages ?

Peu de contraintes mis à part la lourdeur administrative de début de procédure, l’examen initial et le renouvellement de son agrément tous les 2 ans. Il s’agit là de 30 heures de formation continue à réaliser, accompagnée d’un coût de renouvellement pour se maintenir en activité.

Quant aux avantages, ils sont de taille puisque cette terre d’opportunités remplit bien son rôle. Elle permet grâce à un cercle vertueux de gagner en expertise et de maîtriser de nombreux aspects du métier. Il s’agit en plus d’un métier où les besoins sont nombreux, avec une reconnaissance sociale forte et une paie 3 à 4 fois supérieure au salaire français.

Quelques conseils pour celles et ceux qui souhaiteraient partir ?

Idéalement et comme exposé dans le cours gratuit sur comment réussir son expatriation quand on est professionnel de santé, un départ en expatriation ça s’anticipe! Si vous avez le temps, commencez à constituer votre dossier tant que vous êtes en France. L’obtention de certains documents peut prendre du temps et surtout peut exiger des déplacements dans vos anciennes universités.

Avoir en tête que les démarches seront peut-être longues, s’attendre à être patient(e) et profiter de ce temps à bon escient pour être opérationnel(le) dès l’agrément en poche.

Le mot de la fin

En somme, des postes très variés et hyper formateurs, qui constituent aujourd’hui un atout majeur pour sa reprise d’activité en France.

 A l’été 2021, Charline est rentrée à Marseille, avec son mari et ses 3 enfants. 

L’équipe de Soignants Dans Le Monde lui souhaite une belle continuation pour la suite et se tient prête à l’accompagner vers de nouveaux projets professionnels).

Pour aller plus loin

Accédez aux témoignages de :

Loup, médecin aux Etats-Unis

Gwladys, ostéopathe en Amérique latine, puis Amérique du Nord

Camille, infirmière aux Etats-Unis.

 

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